Article au magazine Spiegel sur le maquillage corporate

Interdiction de paillettes

Il y a quelques jours, la journaliste Maren Hoffmann, du Spiegel, le magazine d’info leader allemand, m’a posé quelques questions sur le sujet du Corporate makeup. Je suis heureuse d’avoir l’opportunité de parler de ce sujet qui en 2020 toujours suscite des émotions.

A part des directives qu’imposent certains employeurs (par exemple les hôtels, ou dans le luxe), il s’agit aussi des femmes qui vivent leur féminité aussi dans le contexte du travail. Des femmes qui ont du succès non malgré, mais parce qu’elles sont des femmes

Aujourd’hui les femmes n’ont plus besoin de choisir entre être belles ou intélligentes, elles ont droit d’être les deux !


De nombreuses entreprises imposent non seulement un code vestimentaire, mais ont également des directives pour le maquillage. Louise Wittlich montre aux femmes à quoi ressemble le maquillage corporate et explique pourquoi les débats qui mélangent le maquillage avec le sexisme l’éxaspèrent.

Spiegel : S’il vous plaît, qu’est-ce qu’est exactement, le maquillage corporate ?

Louise Wittlich : Il s’agit d’améliorer volontairement l’impression que vous laissez sur les autres. En Allemagne en particulier, de nombreuses femmes ont peur de trop prêter attention à cet aspect : une discussion sur ce qui semble bon au travail et ce qui ne l’est pas, dérape souvent dans un débat sur le sexisme. Mais porter du rouge à lèvres ne signifie pas que vous n’avez pas de cerveau !

Les Françaises adorent jouer la carte de la féminité, elles n’ont aucun problème avec ça. C’est vraiment intéressant de voir les bouleversements émotionnels qu’un rouge à lèvres peut causer.

Spiegel : Vous donnez des cours aux employés. Les employeurs devraient-ils désormais également imposer un maquillage ?

Louise Wittlich : Je travaille avec des clients de l’industrie du luxe : les hôtels Hyatt, la maison de couture Balenciaga, le joaillier Tiffany. Leurs employés sont leurs ambassadeurs. Bien entendu, ces marques souhaitent que leurs collaborateurs correspondent à leur image respective.

Spiegel : Qu’est-ce que cela signifie précisément ?

Louise Wittlich : Dans leurs directives, ils indiquent par exemple que le maquillage doit avoir l’air naturel – mais il n’y a pas de spécification. Mis à part les paillettes interdites peut-être.

Mon briefing dit souvent : cela doit paraître discret et naturel et de préférence durer toute la journée. À partir de là, je développe des tutoriels et montre aux femmes comment cela peut se traduire et à quel point elles peuvent être belles.

Ces grooming guides incluent des looks pour les femmes noires, blanches et asiatiques. Leurs styles de maquillage s’adaptent évidemment à leur type mais restent toujours subtils.

Spiegel : Mais n’est-il pas sexiste de ne dire qu’aux femmes ce qu’elles peuvent et ne peuvent pas faire ?

Louise Wittlich : Les entreprises utilisent également des grooming guides pour hommes qui stipulent par exemple les styles de barbe et à quoi doivent ressembler les mains.

En tant qu’êtres humains, nous sommes tous réceptifs aux impressions visuelles. Même si nous le voulions, nous ne pourrions pas empêcher cela. Alors pourquoi n’améliorons-nous pas consciemment cette impression – les hommes comme les femmes. Ce n’est pas un manque de professionnalisme, bien au contraire.

Spiegel : Y a-t-il des différences à travers le monde ?

Louise Wittlich : La tendance principale en Europe est le maquillage qui ne se montre pas en tant que tel. Une peau fraîche, lisse et uniforme, presque sans avoir l’air maquillée. Au Japon, les choses sont différentes. Là, le maquillage ressemble presque à un vêtement. Sans cela, les femmes se sentent nues. Plus que masquer les imperfections, il s’agit de mettre une couche protectrice entre elles et le monde. Il est incontournable que les femmes portent du maquillage.

Spiegel : Il y a aussi des professions avec moins de contact direct…

Louise Wittlich : Actuellement j’enseigne dans une école de commerce. Les étudiants voulaient savoir quel était le meilleur maquillage pour Zoom ou Skype. Parce qu’en ce moment, de nombreux entretiens d’embauche sont menés par vidéoconférence. Ils veulent être à leur avantage.

Spiegel : Alors, quels sont vos meilleurs conseils ?

Louise Wittlich : Une astuce consiste à placer une feuille de papier blanc devant vous, pourquoi pas au-dessus de votre clavier. Cela fonctionne comme un réflecteur adoucissant les ombres de votre visage. Il n’est pas nécessaire de faire grand chose avec votre peau, car avec la faible résolution de l’écran, les légères imperfections ne seront pas visibles. Mais faites en sorte d’ouvrir votre regard – utilisez un recourbe-cils, et peut-être un peu de mascara.

Spiegel : Et les hommes ?

Louise Wittlich : Ils ont souvent un problème de peau trop brillante. Une poudre peut s’apercevoir, mieux vaut utiliser des gels matifiants transparents qui, en tant que tels, sont complètement invisibles mais qui enlèveront la brillance – cela fonctionne également très bien sur les têtes chauves.

Par Louise Wittlich

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